Projeté dans un cycle infini de modes éphémères, le vêtement est devenu une denrée périssable. Motifs, couleurs, coupes et matières nous semblent presque imposés.


Le vêtement se retrouve désacralisé, vite mis en boule dans le coin d’une chambre. Alors, qu’est-ce qui fait que l’on s’attache à une pièce ? Quelle signification porte-t-elle ?


Le vêtement est avant tout un bien de consommation. Ainsi, on le choisit, et ce choix semble naturel. Il serait le fruit d’un « goût particulier ». Depuis les 60's, cette idée a été largement démontée. Le choix des vêtements s’inscrit dans un ensemble de choix : celui de la voiture que l’on conduit, de la musique que l’on écoute ou encore des lieux que l’on fréquente. 


Le goût est une expression complexe de notre allégeance à des modes de vie, à une classe… Mais s’attache-t-on seulement au prestige social lié au vêtement ?


L’habillement a avant tout rapport au corps. Certains vêtements nous plaisent, non pour ce qu’ils renvoient mais pour ce qu’ils sont. Des coupes enveloppantes, douces, qui rappellent le plaisir régressif de tenir un doudou.

L’idée de cet objet exprime à quel point ils servent au-delà des apparences. 


Entre superstitions et soutien émotionnel, chacun se tourne vers un caleçon porte-bonheur ou un t-shirt fétiche. Ils touchent à une réalité plus intime, réconfortante, et portent des significations propres à chacun. Ils nous permettent de prendre de l’assurance ou nous invitent à revisiter notre passé.


Pour l’œil non avisé, il est difficile de percevoir quel vêtement sera incontournable ou, au contraire, importable la saison prochaine. 


Alors on s’en remet à soi-même, on choisit la douceur d’une matière. Le vêtement est sacralisé à nouveau. Le vêtement-doudou serait-il l’échappatoire parfaite au trend cycle ?


Par Soa Placide