Personnage récurrent de la scène musicale, artistique et, plus généralement, du zeitgeist ; le cool kid est partout et nulle part à la la fois.
Entre tendances calculées et cool manufacturé, qui est-il vraiment ?
Pour parler du cool kid, il faut parler de culture populaire, de sociologie de bas étage et de teen movies : L'histoire du cool kid commence dans la micro-structure sociale du lycée américain. On y retrouve les personnages habituels : les nerds, les populaires et les rejetés.
Il est l'un de ces exclus. Souvent harcelé par les populaires, il navigue seul, ou accompagné d'un fidèle acolyte encore plus marginalisé que lui. Mais il cultive quelque chose : sa singularité.
Une fois sorti de ce microcosme étouffant, il n'est plus harcelé. Il éclot dans sa forme finale et devient « cool ».En réalité, le cool kid est l'allégorie des marges.
Comme dans la musique ou la mode, ce qui est rejeté un jour devient désirable le lendemain.
Le centre s’approprie ce qui appartient aux marges et aux marginaux. Ceux qui incarnent le pouvoir et la beauté se mettent à rechercher la laideur apparente et la singularité des exclus.
Le harcelé se retrouve soudainement accepté. Tout ce qui, chez lui, repoussait autrefois devient source d’attraction.
Cette dynamique d’appropriation des marges par le centre semble démontrer que l’innovation naît des marginaux.
Satisfaits de leur statut, les dominants inventent peu. Les dominés, eux, transforment, retravaillent et créent. Les populaires ne font souvent que rejouer un scénario préécrit, tandis que les harcelés réinventent l’histoire.
Ce qui amène alors une question fondamentale : qu’est-ce qu’un cool kid ?